Histoire de Lévis
Lévis, c’est une histoire d’audace et de transformation. De la fonte des glaciers aux chantiers navals, notre territoire a vu passer des générations de personnes visionnaires, déterminées à bâtir, explorer et innover. À chaque époque, Lévis s’est affirmée comme un lieu stratégique, vivant et profondément enraciné dans l’histoire du Québec. Découvrez-en les événements marquants!
Au lendemain de la fonte des glaciers, il y a environ 12 000 ans, le territoire était complètement différent. Par leur poids, les glaciers ont enfoncé le sol et en fondant a inondé le territoire. La région se trouve alors à la jonction de deux mers anciennes. L’une d’eau douce, la mer de Champlain qui deviendra les basses terres du Saint-Laurent et l’autre d’eau salée, la mer de Goldthwait, qui deviendra le golfe du Saint-Laurent.
On retrouve des traces de ces mers anciennes dans le fond des sablières de Saint-Nicolas et de Pintendre. Les paléontologues ont découvert à plus d’une trentaine de mètres de profondeur, des coquillages ainsi que divers os de mammifères marins et de nombreux oiseaux qui ont vécus il y a environ 12 000 ans avant notre ère.
Lévis est caractérisée par la présence de plusieurs cours d’eau, dont deux rivières d’importance : l’Etchemin et la Chaudière. Ces cours d’eau permettent à la fois de remonter loin dans le territoire et de rejoindre le fleuve Saint-Laurent. Ce décor est reconnu pour avoir été fréquenté par des groupes autochtones à diverses époques. Une grande concentration de sites archéologiques nous le prouve dans le secteur de Saint-Romuald et du Parc des Chutes-de-la-Chaudière. La chasse au phoque commun en était le principal attrait. Les longues plages de la Grève Jolliet dans Lauzon ont aussi été des lieux de rassemblement estivaux de diverses nations du Québec.
Samuel de Champlain
En 1629, une pointe rocheuse située au sud-est de Québec et qui était composée de deux buttes qui s’avançaient vers le fleuve Saint-Laurent sera nommée « Cap de Lévy » par Samuel de Champlain. Champlain a très peu exploré ce territoire, mais il s’aventura dans le secteur de la rivière Chaudière. Il rencontra des Iroquois hostiles. À cause de la présence des Iroquois, les Français s’aventuraient rarement sur la Rive-Sud de Québec à cette époque.
La Seigneurie de Lauzon
L’année 1636 marque un moment de première importance dans l’histoire régionale par la création de la Seigneurie de Lauzon. Ce territoire fut acheté par Jean de Lauzon et nommé en l’honneur de son premier seigneur, Jean de Lauzon. M. de Lauzon fut conseiller au parlement de Paris, premier directeur de la Compagnie des Cent-Associés et gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1656. Il n’y mettra jamais les pieds.
Il faut attendre en 1647 pour apercevoir les premiers établissements de colons européens dans la seigneurie de Lauzon. Ces pionniers constatent rapidement que le sol de Lévis en bordure du fleuve n’est pas idéal pour l’agriculture. C’est pourquoi la pêche à l’anguille devient le principal moyen de subsistance dans la seigneurie. Tandis que les secteurs de Saint-Nicolas, Saint-Jean-Chrysostome et Pintendre se développent davantage par l’agriculture.
Guillaume Couture (1618, Rouen — 1701, Québec)
Guillaume Couture est un personnage d’exception dans l’histoire du Québec. Arrivé en Nouvelle-France vers 1638 comme « donné » auprès des Jésuites, il devint rapidement découvreur, diplomate et interprète. Il s’est impliqué dans les grandes explorations et les relations avec les nations iroquoises. Il est à l’origine des premiers traités de paix avec les Iroquois.
Dès 1647, il est aussi le premier Européen à s’installer sur la Rive-Sud dans la seigneurie de Lauzon et participe activement à son développement.
François Bissot, sieur de la Rivière (1612, Normandie — 1673, Québec)
En 1665, Bissot fit construire un moulin auquel s’ajoute, en 1668, la toute première tannerie de la Nouvelle-France, et l’une des premières industries au pays. Cette tannerie fournissait des cuirs à tous les cordonniers de Québec. En plus de la tannerie, il installera une cordonnerie et dès les années 1670, il fournira près de 8 000 paires de chaussures annuellement.
Étienne Charest, né en 1718 à Pointe-Lévy (Lauzon) devient le huitième seigneur de la Seigneurie de Lauzon en 1737. Sous sa gouverne, il a développé sa seigneurie et a favorisé l’établissement de nouveaux colons sur celle-ci.
En 1759, alors que les troupes anglaises marchent vers le village de Pointe-Lévy, Étienne Charest est capitaine de milice et tend une embuscade aux troupes anglaises avec les miliciens de la seigneurie et un groupe d’Autochtones. La troupe de Charest réussit à ralentir l’avance des troupes anglaises. En 1776, il reçoit le titre de chevalier de Saint-Louis en récompense des services. Il est d’ailleurs le seul milicien à recevoir cette décoration.
En 1765, il vend la Seigneurie de Lauzon à James Murray, alors Gouverneur de la province de Québec, avant de partir en France.
La Conquête et Lévis
En 1759, le territoire de Lévis joue un rôle important dans la guerre de la Conquête. En effet, le 6 juin 1759, les troupes anglaises débarquent à Beaumont, à l’est de la Seigneurie et commence à marcher vers le village de Saint-Joseph-de-la-Pointe-De Lévy maintenant le vieux Lauzon. Malgré la milice armée que les troupes anglaises rencontrent à leur arrivée, ils réussissent à s’installer au village le 30 juin. L’église Saint-Joseph est alors transformée en hôpital militaire et le village en camp militaire. Près de l’actuelle église Notre-Dame de la victoire à Lévis, on installe une fortification temporaire munie de canons pointant vers Québec. De cette installation, 29 canons sont positionnés sur les hauteurs de Pointe-Lévy et vont bombarder la ville de Québec pendant tout l’été.
Le 12 septembre 1759, le général Wolfe s’embarque à Saint-Nicolas avec une partie de ses troupes pour se rendre aux plaines d’Abraham. Lors de la bataille des plaines d’Abraham, Wolfe est blessé à mort. Sa dépouille est alors ramenée avec les autres soldats blessés à l’église Saint-Joseph à Lauzon. Après la défaite française à Québec, le colonel James Murray reçoit le commandement de la ville de Québec et à la fin de la guerre de Sept Ans en 1763, il est nommé gouverneur de toute la province de Québec. En 1765, Murray achète la seigneurie de Lauzon à son ancien seigneur Étienne Charest, devenant ainsi le premier seigneur anglais de Lauzon.
C’est principalement sous le Régime britannique que le développement du territoire lévisien prend son essor. Profitant du contexte économique favorable du commerce du bois, les seigneurs Henry puis John Caldwell vont développer leur seigneurie comme une véritable entreprise privée.
Ainsi, à partir du début du 19e siècle, toutes les anses sont occupées pour l’entreposage et la transformation du bois venant de l’Outaouais à destination de l’Angleterre. En complémentarité, des moulins et des chantiers de construction navale s’établissent sur les rives encore disponibles.
Conséquemment, ces centres d’activités contribuent à l’établissement de nouveaux arrivants. C’est ainsi que vont apparaître de nouvelles paroisses le long du fleuve, dont celle de Saint-Romuald, qui joue alors un rôle majeur dans la région. De plus, d’autres moulins sont érigés plus haut sur les rivières. Ceux-ci favorisent l’accroissement de Saint-Étienne, Saint-Nicolas, Breakeyville et Pintendre.
Cohabiteront alors des personnes d’origine canadienne-française, écossaise, anglaise, irlandaise, norvégienne et bien d’autres familles d’origines diverses. La bordure fluviale devient alors une véritable fourmilière, où quelques familles bourgeoises font ériger sur les hauteurs de somptueuses demeures pour échapper au brouhaha ouvrier.
C’est également à cette époque, soit en 1829, que naît le chantier de réparation de navires du capitaine Allison Davie. Celui-ci deviendra plus tard le plus important chantier maritime de toute l’histoire canadienne et représente encore aujourd’hui la plus ancienne industrie navale au pays.
Monseigneur Déziel
Joseph-David-Déziel, mieux connu sous le nom de Monseigneur Déziel, est considéré comme le père fondateur de la ville de Lévis. D’abord curé de la paroisse Saint-Joseph à Lauzon, il fonde la paroisse Notre-Dame-de-la-Victoire et en devient le premier curé.
Il travailla alors sans relâche au développement de la ville. Il sera responsable de la fondation du Collège de Lévis, du Couvent de Lévis, maintenant l’école Marcelle-Mallet, de l’hospice Saint-Joseph de la Délivrance ainsi que de la création de la paroisse de Saint-David-de-l’Auberivière. À la tête d’un groupe de citoyens, il travaille à l’obtention d’une nouvelle charte sanctionnée le 18 mai 1861, créant ainsi la nouvelle ville de Lévis.
Le pont de Québec est l’une des structures les plus impressionnantes au pays. Reconnu comme le pont de type Cantilever ayant la plus longue portée libre au monde, c’est surtout son histoire exceptionnelle qui a marqué notre région.
Les travaux du pont de Québec débutent en 1905. Alors que la structure sud avance bien, elle s’effondre le 29 août 1907, entraînant la mort de 76 personnes. Les plans seront révisés afin de renforcir la structure et les travaux reprennent l’année suivante.
Une nouvelle tragédie frappe la construction du pont le 11 septembre 1916, alors qu’on procède à la levée de la travée centrale du pont. Un des supports avait une déficience et l’ensemble de la travée centrale tomba dans les eaux du fleuve. Treize personnes périrent dans cet accident.
Le pont sera finalement inauguré le 22 août 1919. D’abord un pont ferroviaire, une première voie carrossable est ouverte aux automobiles en 1929 puis élargie en 1952.
On assiste, notamment au cours des décennies d’après-guerre, à une véritable explosion démographique qui provoque une expansion urbaine considérable. Notons au passage que cette expansion urbaine se fait souvent au détriment du territoire agricole qui recule devant les nouveaux quartiers résidentiels. Tous facteurs confondus, Lévis devient, pendant cette période, une ville moderne et très active.
Les centres d’activité économique et commerciale migrent progressivement du littoral du fleuve vers le plateau le long des grands axes routiers. Parmi les facteurs qui ont fortement joué en faveur de ce déplacement vers le plateau, il faut d’abord mentionner le chemin de fer et l’ouverture du pont de Québec (1917), mais surtout la popularité croissante de l’automobile et l’ouverture du pont Pierre-Laporte (1972).
À travers les années, Lévis s’est métamorphosée au rythme des grandes transformations de son époque. En redéfinissant son territoire et ses pôles d’activité, elle s’est affirmée comme une ville en mouvement, résolument tournée vers l’avenir.
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